D’origine espagnole et brésilienne par ses grands-pères, de Barròs s’est imprégné durant son enfance de l’accent rocailleux des Hautes-Pyrénées, des métaphores vives et du parlé coloré de la langue occitane. Après quinze années dans le théâtre musical, il crée son spectacle et enregistre le cd « Chemins ». Chant du sud, vague idée de frontière que l’on franchit d’un pas et sur un mot, ses chemins traversent des vallées où résonne l’écho de l’occitan, celui de l’espagnol et du portugais. « … cogeré el mar, el llano, las montanas… » cueillir la mer et les montagnes, le vent et les étoiles, fredonner les rêves, fêter une rencontre au pied de la falaise noire…
C’est « ua mesclade », un mélange d’expressions et de notes, d’histoires singulières et d’universalité. Le chanteur-musicien y dénoue le fil de ses racines pour mieux le tisser à d’autres, pour mieux parcourir et apprendre le monde, comme une danse libre et sans autre importance que celle de poursuivre le voyage. Un voyage aux sonorités acoustiques, à la lumière ocre et sable.
de Barròs, l’occitan au grand galop
Avec sa verve de Gascon, son accent des Hautes-Pyrénées, ses ascendances espagnoles et brésiliennes, Dominique de Barròs poursuit sa quête des racines, sur les mêmes chemins de sable et d’ocre, dans les mêmes brèches de l’enfance. Avec "Chevaux de lune", son dernier spectacle, il enfonce le clou sans piétiner, raconte le pêcheur attendu au foyer, la jeune mariée qui boude sa noce, chante un poème de Pablo Neruda. Introduite par un chant à capella, entonné presque dans l’obscurité, la partition musicale s’est étoffée, les contre-chants de la violoncelliste Gwendoline Demont laissent place à des plages d’improvisation, des joutes voix-guitares avec Marc Brébion, des musiciens plus complices. Lancées au grand galop, les percussions font exploser le rythme des ballades, tangos, valses, rumbas. On aimerait suivre le fil des destins mot à mot, se sentir moins étranger à cette langue, à ce versant rocailleux de la montagne, mais la mélodie de l’Occitan est déjà une musique à elle seule…
Ouest France : 12/13 janvier 2008.
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